Ce que le corps garde en mémoire
· Brigitte Maitre
Une tension qui revient toujours au même endroit, une raideur que rien ne dénoue… Et si le corps cherchait simplement à dire quelque chose ?
« C'est là, toujours là, depuis des années. » Cette phrase, je l'entends souvent. Une épaule, une nuque, un bas du dos — une zone qui se contracte dès que la vie appuie un peu fort, et qui ne se relâche jamais complètement.
Le corps n'oublie pas
Un choc, une peur, une période difficile traversée en serrant les dents : tout cela laisse une trace. Pas une trace visible, pas une lésion — quelque chose de plus subtil, une manière de se tenir, de respirer, de se protéger, qui s'est installée sans qu'on le décide et qui a fini par devenir notre normalité.
Ne pas forcer
La tentation, face à une tension installée, est d'appuyer plus fort. De l'étirer, de la casser, de la vaincre. Mon expérience va exactement dans l'autre sens : plus on force, plus le corps résiste — et il a raison de résister, car cette tension le protège de quelque chose.
On ne libère pas un corps contre lui. On l'accompagne jusqu'à ce qu'il consente à lâcher.
Le travail vibratoire agit précisément là. Il ne contraint rien. Il propose. Et quand la proposition est reçue, le relâchement vient tout seul — parfois accompagné d'une émotion, d'un souvenir, ou simplement d'un grand soupir.
Après la séance
Les jours qui suivent sont souvent aussi importants que la séance elle-même. Prévoyez du temps, buvez, dormez. Quelque chose s'est remis en mouvement : laissez-lui la place de circuler.